jeudi 26 juillet 2007

Web 2.0 : Comment les start-up gagnent elles leur vie ou les business modelés expliqués à ma mère. - Part 2

business screen

 3) Le business Model

Nous y voila, le business model répond à la question la plus fondamental d’une start-up : ‘comment on va gagner de l’argent ???’. Comme je le disais dans la première partie, toute entreprise qui démarre à dans ses cartons ne serais-ce qu’une ébauche de business model. Tout le problème est de savoir si ce model à été suffisamment bien conçu pour être rentable ? Si le nombre d’utilisateurs de votre service croit assez vite pour vous permettre d’atteindre un seuil critique permettant de gagner de l’argent, ou si vos clients ont envie de payer pour votre produit ?!...

Qu’existe-t-il comme moyen de gagner de l’argent sur le net ; pas grand choses de très original en fait, Ce sont les mêmes mécanismes que ceux de l’économie traditionnel, mais c’est souvent la forme ou la façon de les mettre en œuvre qui donne ce coté si ‘piquant’ au web. Voici donc les 2 méthodes que j’ai pus identifier (si vous en connaissez d’autres, écrivez moi !) :

  •  La publicité
  •  La vente de produits/service !

Le soufflet viens de retomber là je croix, mais c’est bien normal l’économie ce pratique de la même façon depuis que le monde est monde, il n’y avait pas de raison que cela change avec le web.

Ajoutons maintenant à nos méthodes marketing 2 barbarismes qui vont épicer la donne : le BtoB et le BtoC.

Ces deux gros mots vont nous permettre d’identifier la cible à atteindre c'est-à-dire le client, la personne qui va payer !! Donc :

  • Business to Business (BtoB) : vous vendez vos services à des entreprises
  • Business to Customers (BtoC) : vous vendez directement aux clients.

Si le BtoC a été clairement l’apanage du Web 1.0 avec de sociétés comme Amazon, le Web 2.0 qui a comprit que les utilisateurs ne voulez plus payer pour du service sur le web est clairement BtoB.

Petite parenthèse au passage : je viens de vous donner ce qui est pour moi la différence majeur entre le web 1.0 et le web 2.0 : Dans le web 1 on vous vendait des biens, dans le web 2 ont voudrait surtout vous vendre du service.

Amusons-nous maintenant à décortiquer quelques exemples de start-up afin de mieux comprendre les différentes combinaisons des quatre éléments que je viens de vous présenter :

 

google logo

Google est devenu le roi du pétrole en vendant de la publicité aux sociétés qui avaient besoin de visibilité sur internet. C’est pour cela que tout est gratuit chez eux. Les entreprises payent et les utilisateurs se régalent. Explications dans cette vidéo :

 

 

Notez bien que dans cette interview quand on vous dit une proposition à 1 euro, c’est la somme qu’enpochera Google à chaque fois que quelqu’un cliquera. Imaginez maintenant cela à l’échelle de la planète et multiplié par le nombre de pages vues par jour…

Question : qu’est ce qui permet à Google d’avoir un tel poigt sur le marché au point que tous les annonceurs veulent apparaitre sur leur homepage au delà de la qualité de leur moteur ?

Réponse : la masse de ces utilisateurs, et nous touchons ici l’argument majeur du BtoB : si j’ai un million de visiteurs unique par jour, je deviens une place incontournable pour toute personne qui à envie de communiquer à grande échelle. Simple et imparable, il faut juste avoir un service assez génial ou indispensable pour donner envie à des millions d’internautes de se connecter tout les jours sur votre site.

 

 

netvibes logo

La startpage ‘à la frwancaise’ a défrayée la chronique ces dernières semaines à cause du départ de Pierre Chappaz.

Et tout le monde de se demander : mais comment vont t’ils gagner de l’argent (comme-ci Chappaz etait partie avec le secret) ? La réponse est venue de son fondateur Tarik Krim dans une interview à Neteco

Et, une fois encore, le modèle est basé sur le même ressort : un nombre critique d’utilisateurs.

Netvibes va proposer de la visibilité à des sociétés via ces Widgets : un accord a été signé par exemple avec CBS pour diffuser du contenu vidéo. CBS va donc payer le droit d’être sur Netvibes ce qui permet à la société de pouvoir continuer à proposer leur startpage sans ‘vrai’ pub.  

 

 

firefox logoQuel est la stratégie du navigateur à poils roux, quel est d’ailleurs, la stratégie pour les Flock, Safari, Maxthon, et Opera ? Toujours la même idée ; monétiser l’audience mais dans se cas particulier, en direction des moteurs de recherche. Les Explications d’erwan développeur sur Flock : 

 

 

 

A se propos, Firefox c’est même payé le luxe de s’offrir un plan B grâce à la toute récente extension Ebay  qui lui apportera des revenus sur chaque vente effectué via le plugin… malin comme un renard le fire ( !!!?).

 

 

Dailymotion LogoLa méthode la plus directe de faire du BtoB est probablement de louer directement son service web aux entreprises. L’idée est de vendre une plateforme technique maintenue de A à Z et qui dégage alors l’entreprise de toutes les contraintes de gestion/location/maintenance des serveurs, 

l'entreprise n’a qu’a coller sont logo sur le produit qu’elle loue. On appelle cela la marque blanche.

Photobucket, hébergeur de photos en ligne c’est par exemple propulsé loin devant Flickr en devenant la solution technique d’hébergement des utilisateurs de Myspace avant que ce dernier ne les rachéte.

Dailymotion, bien que sa stratégie soit basée sur la monétisation du trafic, à savoir publicité classique et pub-video, a eu recours à ce principe en hébergant les vidéos de Wat.tv le site de Tf1.

D’ailleurs, ce modèle basé sur la publicité sera très certainement LA façon de gagner de l’argent avec la vidéo sur le web. Il n’y qu’a regarder la stratégie d’un produit comme Joost (le vidéo 2.0 du web 2.0…ben oui on peut le dire quand même…) pour s’en convaincre. Le problème étant que pour l’instant personne n’a encore fait la preuve de la viabilité du modèle. Et le seul acteur qui avait un nombre suffisamment important d’utilisateurs pour le démontrer (Youtube) c’est fait racheter... Petite récapitulation en vidéo :

 

 

 

 

 

digg logoDigg possède le modèle économique plus simple à mettre œuvre pour une startup : les Adsences de Google. Apparemment les revenus que génère Digg mensuellement sont carrément à tomber par terre. Mais ne vous y trompez pas, tout le monde n’est pas Digg,Myspace ou FaceBook et tout le monde ne possède pas leur trafic. Ce que je veux dire, c’est que cette apparente facilité à un revers si vous n’avez pas le "quelque chose" qui fait que toute la terre se précipite chez vous.

Update : j’apprends à l’instant que Digg vient de signer un nouvel accord publicitaire avec Microsoft.

 

Voilà, j’espère que ces quelques exemples ont un peu mieux éclairés vos lanternes, pour ce qui est des cas plus classique de business to Client les exemples sont connu et facilement identifiables ; pensez aux sites de VOD, au music store d’I-tune, à Skype, à Ebay à Meetic etc…

 

Oui mais pour les autres ?

Chaque startup est particulière et il n’y a pas de recette miracle qui permettre de découvrir comment chacune d’elle gagne de l’argent. Je suis sûr que vous vous demandez tous encore comment Twitter par exemple va gagner de l’argent ?

Je n’en sais rien moi-même. Peut être qu’ils espèrent juste se faire racheter par une compagnie de téléphone, ou alors ils attendent d’avoir assez d’utilisateurs pour utiliser les 110 caractères auxquels vous n’avez pas accès pour y mettre de la pub. A ce propos vous ne trouvez pas que leur widget est bien grand pour 140 caractères…

update : Apparemment, ils n’en savent rien eu même !!.. ou peu être que c'est ce qu'ils font croire... 

 

Tout est envisageable mais restons lucide au vu des exemples précédent ; le fait que les internautes soient peut enclins à payer pour du service sur le web amènera fatalement tout le monde à mettre de la publicité… d’ailleurs j’en connais un qui ne doit pas être mécontent d’avoir mis la main sur DoubleClick…

Le business du web à vraiment un fonctionnent qui lui est propre ce qui implique que parfois on (le grand publique) ne peut connaitre la stratégie d’une start-up que des mois voir des années après son lancement. Les raison majeurs en sont :

- le temps que met une société à atteindre son seuil critique d’utilisateur pour dévoiler vraiment son plan de bataille.

- L’avantage stratégique que peux représenter un business model original (si vous avez un modèle génial, vous n’avez peu être pas envie de vous réveiller demain avec 15 concurrent qui vous auront copié pendant la nuit…)

- La validité ou la recherche d’un model valide qui peut prendre un certain temps ou être remis en cause en cour de route.

4) la sortie

L’exit comme disent les américains, c’est soit le tribunal de commerce si ça c’est mal passé soit le rachat par une grosse boite ou l’introduction en bource dans les cas les plus heureux. En effet, les VC sont des investisseurs de passage qui cherchent à faire des dividendes à moyen terme. Donc soit vous avez tapé dans l’œil de Google, soit vous avez atteint le seuil rentabilité et pouvez voler de vos propres ailes (prochaine étape la bource…) soit c’est la fin de l’aventure suite à des problèmes d’audience ou de business model pas assez rentable et là, c’est vraiment la fin de l’aventure.

 

Voilà, je n’en dirais pas plus car plus j’en écrits plus je risque de dire des bêtises. N’hésitez pas à me contacter si vous avez des informations permettant d’enrichir ce billet, je me ferais un plaisir de le mettre à jour.

 

Les choses que cet article m’a apprit :

Ma foie, rarement la préparation d’un billet n’a été aussi riche d’enseignements. La première chose qui me saute aux yeux, c’est l’avènement de la vidéo comme support de blogging (oui mieux vaut tard que jamais…). C’est énorme, tellement énorme que je me demande si je ne vais pas moi aussi m’y mettre.

La nullité des services de vidéo, qui malgré leur grand nombre ne sont que des pales copies de YouTube souvent très peut innovantes. Par exemple Il n’existe à ce jour aucun service capable de vous proposer de commencer une vidéo à tel endroit et de la finir à tel autre. Il faut forcement retélécharger les vidéos sur de services de mixage en ligne pour les redécouper… pénible…

Beaucoup moins enthousiasment : le web 2.0 vu de mon petit appartement lillois m’a donné l’aire d’être complètement sclérosé par les Bac +5. Quelque soit la branche : financier, investisseurs, entrepreneur, développeurs on dirait qu’il n’y a que des ingénieurs avec des vies d’ingénieurs, des valeurs morales d’ingénieurs, des problèmes d’ingénieurs ou des moyens financiers d’ingénieurs etc… J’en viens même à me demander si l’entreprenariat dans le web n’est pas un ‘sport’ réservé à une certaine élite, élevé dans le coton et qui aurait une revanche à prendre sur ces pères… bizarre et frustrant pour des petit bacheliers ou des non diplômés qui ont des idées pleins la tête et pour qui d’emblée le ‘ramage’ (du galérien) devra forcement être beaucoup plus important si il veut compenser le plumage (du docteur).

Carrément décevant : Thierry Bezier ne lit pas ces mails…

Sources :

L’interview complète Arnaud de Latude le business angel trouvée sur le blog de PetitDeviendraGrand.com

Les Diverses vidéos tirées de l’excellentissime reportage ‘Quand l’internet fait des bulles’ (à voir et à revoir)

Le reportage ‘Le monde selon Google'

L’interview complète d’Erwan Loisant développeur chez Flock trouvée sur Intruders.tv (Beaucoup d’excellentes interviews de patron de startup. A bookmarker dans votre Miro player)

L’interview complète de Philippe Leroux Conseillé en stratégie Web qui vous expliquera entre autre la vrai bonne raison pour laquelle Google a racheté YouTube… A voir !!

 

Si vous aviez raté la premiere partie, c'est ici

 

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